Le relief sous-marin (la bathymétrie)

Chaque affiche part de données bathymétriques — la profondeur mesurée du fond de la mer, pas une illustration. Elles viennent de jeux de données scientifiques ouverts (les levés hydrographiques nationaux là où ils existent, des jeux mondiaux ailleurs) ; nous les transformons en maillage 3D, puis exagérons l'échelle verticale pour que la forme qui explique l'île — un plateau, un escarpement, un cône volcanique — se lise d'un coup d'œil. Le dégradé code la profondeur : les bleus les plus sombres sont les plus profonds, la palette s'éclaircit vers la surface, et les isobathes marquent des paliers réguliers. C'est pour cette couche que la série existe : c'est la partie de l'île que personne ne voit jamais.
L'île au-dessus de l'eau

La terre aussi est mesurée, à partir d'un jeu de données d'altitude ouvert, et habillée d'imagerie satellite ouverte — même traitement, même échelle verticale, courbes de niveau comprises. Cette continuité est tout le propos de la série : sur l'affiche, rien ne change à la ligne d'eau. Le cône de La Réunion fait près de 7 000 m et seuls ses 3 070 derniers mètres émergent ; la Guadeloupe s'élève de 5 737 m depuis le point le plus profond de son cadre. On ne peut tenir ce discours que si les deux moitiés du relief sont dessinées comme un seul objet.
La carte elle-même

Tout ce qui n'est pas du relief est également de la donnée cartographique sourcée, pas du dessin : le trait de côte qui suit chaque pointe et chaque anse, et les toponymes — villages, sommets, caps — qui situent l'île. Le tout vient de données cartographiques ouvertes, placé à ses coordonnées réelles. Seules les courtes annotations sont de nous : quelques phrases par affiche, documentées pour cette île précise et recoupées entre plusieurs sources avant de mériter leur place sur le tirage. Rien, sur une affiche HIR, n'est une simulation ni une vue d'artiste.
La légende

Chaque affiche porte la même légende, en bas à gauche : la rampe de profondeur, du point le plus profond du cadre jusqu'au niveau de la mer, un rappel que le relief vertical est exagéré pour la lisibilité, et le pas entre deux courbes — 100 m sur la Guadeloupe et La Réunion, 10 m sur le plateau peu profond de Belle-Île.
Le nord et les distances

La vue est oblique, ce n'est pas une carte à plat vue du dessus — c'est ce qui permet au relief de se lire comme du relief. Chaque affiche porte donc une rose des vents orientée au nord vrai pour la caméra qui l'a rendue, et une barre d'échelle graphique qui donne la distance réelle au sol. Sa longueur est choisie île par île : 3 km sur le cadre de 41 km de Belle-Île, 10 km sur celui de 196 km de la Guadeloupe.
Les crédits

En bas à droite, chaque affiche crédite ses propres données : qui a levé le fond de la mer, d'où viennent l'altitude terrestre et l'imagerie, et quelles données cartographiques ont fourni le trait de côte et les toponymes. Rien sur l'affiche n'est non crédité, et toutes les sources sont des données ouvertes.
En coulisses
Chaque affiche sort d'un moteur 3D maison qui tourne entièrement dans un navigateur web. Une chaîne de préparation de données géospatiales et de rendu interactif transforme bathymétrie, altitude, imagerie et données cartographiques ouvertes en un seul modèle de l'île, qu'on peut déplacer, zoomer, faire pivoter et régler en temps réel. La rosace et la barre d'échelle suivent la vue en direct — la rosace se réoriente au nord vrai et s'incline avec la caméra, la barre affiche toujours la distance réelle au sol.
Pour le tirage, cette scène vivante est rendue hors écran à la résolution d'impression : 5906 × 5906 pixels, soit 50 × 50 cm à 300 dpi. Même moteur, mêmes données, transformés d'une vue interactive en une image de qualité affiche.